Pour la Saint-Valentin, visitez Bruges !
Y a-t-il un endroit plus romantique que le Lac des Amoureux à Bruges ? Une ville figée dans son passé ou une conscience aiguë du patrimoine architectural ?
Pour la Saint-Valentin, si vous cherchez un lieu romantique par excellence, visitez Bruges. Et en particulier, le Lac des Amours ou des Amoureux - Minnewater) et le Béguinage tout proche.
Si Anvers a sa légende, Bruges n’en manque pas non plus. Et l’une des plus romantiques est celle liée au “Minnewater”. Certains disent que ce nom vient des “minnen”, les anciens esprits de l’eau qui veillaient sur les lacs et les rivières. Mais, c’est surtout l’histoire de Minna et Stromberg qui marque les esprits romantiques. Le père de Minna sentant sa fin toute proche cherchait un mari pour sa fille. Son choix s’est porté sur Horneck, un de ses amis, au désespoir de Minna qui, elle, se pâmait d’amour pour Stromberg, un homme appartenant à une autre tribu. Certaines versions le dépeignent en soldat, d’autres en fermier. En tout cas, un statut social trop éloigné de celui désiré par le père de Minna.
Les tribus s’affrontaient dans des guerres incessantes et Stromberg dut quitter la région pour suivre son armée. Minna n’eut d’autre choix que d’épouser Horneck. Mais, elle préféra s’enfuir dans les bois. Quand Stromberg, de retour de la guerre apprit la nouvelle, il chercha sa bien-aimée. Quand, enfin, il la trouva au bord d’un ruisseau, elle mourut d’épuisement dans ses bras. Stromberg créa un barrage et enterra Minna dans le lit du cours d’eau qui, depuis lors, porte le nom de “Minna-Water”, l’Eau de Minna.
Une plongée dans le passé
Esprits celtiques ou légende germanique, faites votre choix. Mais, ne perdez pas l’occasion de visiter ce lieu incomparable. Vous pourrez y goûter la paix de l’endroit sur l’un des bancs à l’ombre des saules, admirer cygnes et canards sur le plan d’eau, louer une calèche pour visiter la ville ou encore vous régaler dans l’un des nombreux restaurants du quartier. Les boutiques vous proposent des spécialités du lieu : du chocolat à la dentelle en passant par la Brugse Zot (la bière locale ; attention : blonde ou brune, cette séductrice est aussi une nature forte).
Mon itinéraire préféré est de prendre à droite, directement après avoir traversé la route depuis la gare. Vous y longerez le canal, qui est déjà une plongée dans le passé. Surtout qu’en ce moment, une exposition en plein air fête l’anniversaire du Béguinage tout proche. Vous pourrez y admirer des peintures et des photographies, accompagnées de l’historique des lieux.
Au bout du sentier, à droite, vous trouverez l’écluse et la Tour de Poudre, où les Brugeois stockaient leur poudre à canon. De là, vous aurez déjà une vue magnifique (voir la photo ci-dessus) de la ville et du quartier du Minnewater. De l’autre côté du canal, vous pourrez apercevoir un restaurant étoilé qui ressemble à un chateau de conte de fée. Et à votre gauche, l’une des entrées du Béguinage. Un lieu propice à la méditation ou à la balade en couple.
Du Béguinage, vous ne serez qu’à un jet de pierre de l’Hôpital Saint-Jean, qui a fonctionné de 1150 à 1976. Aujourd’hui, c’est un complexe muséal qui abrite de nombreuses expositions : Picasso, Dali, Andy Warhol, etc. L’antique pharmacie est devenue un musée de la pharmacopée. A deux pas, le musée d’art ancien vous propose une exposition permanente des oeuvres de Hans Memling, peintre allemand adopté par la ville au XVe siècle.
Le centre historique : figé par la récession, sauvé par la conscience du patrimoine
Bruges doit son étonnante prospérité à un phénomène météorologique. Au cours du XIe siècle, deux terribles ras de marée on creusé une brèche dans la terre. Un canal naturel s’est formé qui ouvrait un accès à la mer du Nord. Les Brugeois ont vite compris l’intérêt de cette voie de navigation et ont transformé cette rivière naturelle en un canal artificiel.
Ce canal a permis le commerce avec l’Angleterre - d’où elle importait la laine qu’elle tissait et revendait à prix d’or - mais aussi avec la Ligue Hanséatique et le commerce baltique et avec l’Espagne et l’Italie par la Méditerranée. C’est à Bruges que les Medici, banquiers toscans, ouvrirent leur première succursale. C’est aussi à Bruges qu’une famille d’hôteliers, les De Beurs, ont commencé à échanger des monnaies et ont donné naissance à ce qui de nos jours est toujours appelé “la bourse”.

Mais, au XVIe siècle, deux événements majeurs vont figer la ville comme dans un glacis pour un long hiver :
l’ensablement du canal : les Brugeois, avides de profits rapides, ont négligé l’entretien du canal. Peu à peu, ils ont perdu l’accès à la mer.
la colère de l’empereur Maximilien : ce dernier avait augmenté certaines taxes. Lors de son passage dans la ville, les habitants l’ont tout simplement kidnappé et enfermé pour l’obliger à supprimer cet impôt. A sa sortie, l’empereur a non seulement qualifié les Brugeois de “Zot”, fous - d’où le nom de la bière locale, Brugse Zot. Mais, surtout, il a redirigé tout le commerce maritime vers Anvers.
Pendant au moins deux siècles, la ville va survivre vaille que vaille. Plus d’innovation. Le visage de la ville restera inchangé. Jusqu’à ce que la dentelle rendre à la ville une part de sa prospérité passée. Au XXe siècle, Bruges devient aussi un pôle industriel important. Mais cette période d’austérité a figé le centre de Bruges dans un univers de carte postale. Ce n’est pas un hasard si Georges Rodenbach, en 1892, a intitulé son roman “Bruges, la morte”.
Aujourd’hui, les autorités communales et régionales ont bien compris le parti qu’elles pouvaient tirer de cette configuration médiévale. Et le tourisme vient s’ajouter aux ressources économiques de la ville. A tel point que le tourisme de masse menace aujourd’hui ces reliques du passé.
Une ville à savourer au rythme du piéton
Mais, pour l’instant, vous pouvez visiter ces lieux exceptionnellement conservés à votre rythme. Rien de tel qu’une visite à pied du centre-ville. Vous pourrez y explorer la cathédrale, bien entendu. Les musées Gruuthuse et Groeninghe, qui abritent une foule de chefs d’oeuvre de la peinture flamande. Ne manquez pas non plus la basilique du Saint-Sang. Que vous soyez croyant ou non, vous ne serez sans doute pas insensible à ses deux niveaux - roman et gothiques. Et à son intérieur unique : un plafond de bois, des colonnades colorées comme celles d’une basilique byzantine, ses décorations murales exceptionnelles. Tout ici vaut le détour et flatte l’oeil d’une manière inoubliable.

Cet article vous a tenté ? Prenez contact avec nous pour une proposition de visite sur mesure. Que vous soyez tenté par la balade romantique ou par une exploration artistique ou architecturale, nous vous proposerons un parcours personnalisé et inoubliable.




